Vous avez du mal à corriger des bugs logiciels qui réapparaissent sans cesse ? Vous n'êtes pas seul. Le dépannage manuel prend du temps et passe souvent à côté de la cause réelle. Lorsqu'un problème nécessite une analyse, une entreprise doit utiliser des outils d’analyse des causes profondes afin d'aller au-delà de quelques symptômes.
Trouvez la véritable cause du problème afin que les systèmes et processus sous-jacents puissent être réparés et que le problème soit traité de façon permanente plutôt que temporaire.
Cet article présente 5 outils puissants qui peuvent aider votre équipe QA à identifier et éliminer les causes sous-jacentes des défauts logiciels, vous faisant gagner du temps et éviter bien des frustrations.
Qu’est-ce que l’analyse des causes profondes ?
L’analyse des causes profondes (Root Cause Analysis - RCA) est une technique utilisée pour comprendre pourquoi un problème s'est produit. Elle permet d’identifier l’origine du problème en suivant une série d’étapes avec des outils pour déterminer les causes possibles puis la cause première de l’incident.
Il s'agit d'une mesure de contrôle de la qualité qui vous aide à comprendre ce qu’il s’est passé, pourquoi cela s’est produit, puis à mettre en place un processus pour réduire la probabilité que le même problème se reproduise.
La RCA repose sur le principe que tous les systèmes et tous les événements sont interdépendants. Un élément dans un domaine donné en déclenche un autre ailleurs. La capacité à remonter ces déclencheurs interconnectés permet à un logiciel de suivi des incidents de comprendre comment on en est arrivé au système qui constitue désormais le principal problème. Elle recherche des schémas, décelant les failles enfouies dans le système. Elle permet de mettre au jour la ou les causes premières d’un problème.
La RCA détermine si un défaut a été causé par une erreur de test, une erreur de développement, ou éventuellement une erreur dans les exigences ou la conception.
Il est crucial d’en avoir le cœur net, pour que les versions ultérieures n’intègrent pas ce même défaut. Une erreur de conception permet de revoir la documentation associée et d’apporter les corrections nécessaires, tout comme s’il s’agit d’une erreur de test. Il s’agit là d’une analyse des facteurs causaux.
Outils d’analyse des causes profondes
Disposer des bons outils d’analyse des causes profondes vous aide à suivre la démarche RCA, en examinant de façon systématique les facteurs contributifs aux problèmes sous-jacents.
Trouver la vraie origine des problèmes grâce à un bon outil d’analyse signifie que vous ne vous contentez plus d’éteindre les feux dus aux symptômes initiaux.
Voici cinq méthodes d’analyse des causes profondes que vous pouvez utiliser pour découvrir la racine d’un problème.
1. Analyse des causes profondes 8D
Les Huit Disciplines de la résolution de problème (8D) ont été conçues par Ford dans les années 1980 comme méthode d’équipe orientée résolution de problème (TOPS). Il s’agit d’une méthodologie utilisant un processus d’analyse des causes profondes pour identifier le problème, élaborer une solution temporaire, mais aussi une réponse à long terme afin d’éviter la réapparition des incidents. Cette méthode vise l’amélioration continue de la fiabilité et de la qualité.
Ce processus vise à identifier les causes potentielles, en isoler la véritable, puis instaurer des processus de confinement et appliquer des actions correctives pour éviter que les problèmes se reproduisent. Il favorise des changements systémiques afin de résoudre le problème immédiat tout en prévenant ceux qui pourraient résulter d’une défaillance du système. Cohérente, facile à appréhender par les équipes, elle s’avère très efficace à l’application.
L’accent mis sur le travail d’équipe plutôt qu’individuel est aussi bénéfique. Sa méthodologie permet d’améliorer la qualité et la fiabilité et s’attaque en amont aux problèmes susceptibles d’affecter un produit à l’avenir. Elle doit être appliquée pour évaluer :
- Les problèmes de sécurité et de conformité réglementaire détectés.
- Les plaintes reçues des clients.
- Lorsque la fréquence des incidents sous garantie est supérieure aux prévisions.
- Des niveaux inacceptables de rejets internes, de déchets, de faible performance ou d’échec total aux tests.
2. L’outil Fishbone pour l’analyse des causes profondes
Le nom peut surprendre, mais il décrit l’apparence du schéma sur papier. Au fond, c’est simplement un diagramme causes-effet. On l’appelle aussi diagramme d’Ishikawa.
Cet outil est utile lors de séances de brainstorming dans le cadre de l’analyse, pour recenser les éléments susceptibles d’avoir généré un problème. Il s’agit d’un arbre des causes inversé. Là où un arbre cherche à restreindre les causes, un fishbone élargit la liste. Le diagramme en arêtes de poisson est utilisé pour étudier la relation de cause à effet. Le problème est placé à « la tête du poisson » tandis que les causes potentielles sont inscrites sur les petites arêtes, réparties en différentes catégories.
Il permet d’envisager des causes potentielles qui seraient autrement ignorées. Une fois l’énoncé du problème choisi et formulé avec clarté par l’équipe, on crée des catégories comme fourniture, équipement, personnel, etc.
Il faut alors lancer un brainstorming pour chercher pourquoi l’incident s’est produit. Le diagramme en arêtes de poisson garde l’équipe concentrée sur la cause et non les symptômes. Cet outil permet aux membres de l’équipe d’approfondir les causes et de bien comprendre le problème pour le traiter efficacement aujourd’hui et à l’avenir.
3. La méthode des 5 Pourquoi pour l’analyse des causes profondes
Cet outil est une autre méthode solide pour identifier la cause première d’un problème et empêcher la répétition des incidents. Ce système a été créé par Sakichi Toyoda et fait partie de la philosophie Lean. Le principe consiste à poser la question « pourquoi ? » cinq fois lorsqu’on aborde un problème. Cela aide à clarifier la solution. Il s'agit de trouver et d’éliminer la cause principale d’un problème afin d’éviter les échecs répétés.
Ce processus s’effectue en formant une équipe interfonctionnelle afin d’apporter des points de vue uniques. Définissez clairement le problème pour qu’il n’y ait aucune ambiguïté sur ce qui est examiné. Désignez une personne pour diriger l’équipe et garantir leur concentration. Commencez à poser la question « pourquoi ? » et analysez les réponses jusqu’à ce que vous trouviez la cause racine.
Soyez ouvert au fait qu'il peut y avoir plus d’une cause racine. Prenez des mesures correctives une fois la ou les causes principales découvertes. Testez si cela fonctionne, et si ce n’est pas le cas, recommencez le processus.
4. Analyse de cause racine 5M, 6M et E
Ces outils pour l’analyse des causes racines sont similaires. Les méthodes 5M, 6M & E partagent des catégories d’analyse similaires : main-d’œuvre (personnes), machines, mesures, matériaux, méthodes et environnement (nature). Ces éléments détiennent les réponses lorsqu’un problème ou une variation apparaît dans le processus.
Il faut poser, répondre et évaluer certaines questions, afin de cerner où se situe la cause première. Cela peut s’appliquer aux tests logiciels puisque les problèmes peuvent provenir de bien plus que du simple programme interne. Est-ce un problème utilisateur ? Programmation ? Analytique ? Erreur humaine ? Méthodes ou bug ayant été intégré au logiciel à partir d’une source externe ?
Ces 5 ou 6 points sont structurés pour nommer et relier les relations entre les événements, utilisateurs et problèmes ayant provoqué la défaillance ou l’incident.
Comme pour d’autres protocoles d’analyse de cause racine, celui-ci vise à comprendre et éliminer la cause du problème spécifique. Il aide à réduire le gaspillage de ressources humaines et économiques en identifiant la cause première, permettant ainsi de soulager les symptômes qui ont signalé le problème. Cela contribue à éviter la récurrence des échecs.
5. Logiciels d’analyse de cause racine
Il existe divers logiciels d’analyse de cause racine (RCA) pour analyser et résoudre les problèmes. Ces programmes recueillent les données et les exploitent pour permettre aux équipes d’effectuer différentes analyses contribuant à la gestion de la qualité, dont :
- Ishikawa (diagramme en arêtes de poisson)
- Les 5 pourquoi
- Analyse des écarts
- Analyse des changements
- Analyse des accidents
- Analyse des modes de défaillance et de leurs effets
L’avantage des logiciels d’analyse de cause racine, c’est qu’ils rendent beaucoup plus facile l’analyse des causes en consignant tous les incidents et les données d’analyse de causes dans un seul espace web accessible et partageable.
Parmi les exemples de logiciels d’analyse de cause racine, on trouve à la fois des logiciels de gestion des incidents et de nombreux outils d’automatisation QA qui incluent des modules RCA.
Une fois que le logiciel a permis d’identifier la cause racine, il devient possible de commencer à mettre en œuvre des mesures correctives pour éliminer le problème principal et réduire les risques. Des tâches peuvent être assignées aux employés pour veiller à ce que tout soit réparé et corrigé. Le logiciel peut contribuer à réduire le nombre d’incidents similaires ainsi que les coûts et le taux d’apparition en s’attaquant à la cause première.
Conclusion
L’utilisation de l’un ou de plusieurs de ces outils d’analyse de cause racine permet d’assurer de meilleurs tests et un bon support QA lorsqu’une équipe est confrontée à des symptômes et doit en trouver la cause fondamentale pour pouvoir résoudre le problème.
Ces outils sont tous simples à comprendre et logiques dans la manière dont ils abordent les différentes situations problématiques.
Savoir utiliser un ou tous ces outils d’analyse de cause racine est essentiel pour construire une équipe qui sait non seulement créer mais aussi réparer et prévenir. Employer ces outils, ainsi que le soutien des pairs dans le processus, permet d’obtenir des réponses claires, d’améliorer les processus et d’accroître globalement la qualité du produit.
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