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En 1987, l'US Air Force a créé le Software Technology Support Center (STSC). Sa mission était « d’aider les organisations à identifier, évaluer et adopter des technologies qui améliorent la qualité des produits logiciels, l’efficacité de la production et la prévisibilité » (Source). Pour atteindre cet objectif, le STSC a fondé une publication en ligne appelée CrossTalk : le Journal du génie logiciel défensif, dont il a assuré la publication sur son site web (Stsc.hill.af.mil) de 1996 à 2016.

Par la suite, le STSC a créé le site Crosstalkonline.org où CrossTalk a continué à être publié. Cependant, depuis 2017, le site n’est plus accessible.

Qu'est-il donc advenu de ce site ? Nous tentons de le découvrir en explorant l’histoire de la publication. Nous terminerons ensuite cet article en examinant les 10 articles les plus importants que CrossTalk a publiés.  

L’histoire de CrossTalk

CrossTalk a commencé à être publié en 1988 afin de promouvoir des techniques destinées à garantir le développement de logiciels de haute qualité. Selon le STSC, l’objectif de la publication était d’« améliorer la fiabilité, la maintenabilité et la réactivité de nos capacités militaires, et d’instruire, d’informer et d’éduquer les lecteurs sur les décisions politiques actuelles et les nouvelles technologies d’ingénierie logicielle » (Source).

Sous la direction de Reuel Alder (éditeur), Tracy Stauder (rédactrice en chef) et Sandi Gaskin (rédactrice principale), CrossTalk a vu son nombre d’abonnés passer d’environ 200 à 29 000 (Source).

Stsc.hill.af.mil, le site où CrossTalk fut initialement publié, a été mis en ligne en décembre 1996. Les premiers volumes sont disponibles ici.

Stsc.hill.af.mil proposait un formulaire d’abonnement, des guides à l’intention des auteurs potentiels, ainsi que des annonces de thématiques. Le site comportait aussi une page contenant les coordonnées de l’équipe permanente de la publication.

CrossTalk allait rester sur le site du STSC jusqu’en novembre 2010, moment où il a migré vers son propre site : Crosstalkonline.org. Le dernier numéro de CrossTalk archivé sur Internet remonte à août 2017.

On trouve très peu d’informations sur ce qu’il est advenu du site et de la publication après août 2017.

Photo d’un homme utilisant la réalité virtuelle militaire crosstalk

Top 10 des articles les plus importants publiés par CrossTalk

À la mémoire de CrossTalk, nous avons identifié 10 des articles les plus importants publiés tout au long de son existence.

Pour sélectionner ces articles, nous nous sommes concentrés sur le nombre de liens que chaque article a reçus de la part des webmestres et éditeurs. Les articles qui attirent le plus de liens (citations) sont probablement plus importants que ceux qui en attirent moins. 

1. L’enseignement de l’informatique : où sont les ingénieurs logiciels de demain ?

Les universitaires Robert Dewar et Edmond Schonberg, alors tous deux professeurs d’informatique à l’Université de New York, utilisent cet article pour affirmer qu’en 2008, l’enseignement de l’informatique négligeait des compétences essentielles.

Les auteurs attribuent cette situation à l’adoption généralisée de « Java comme premier langage de programmation ». Ils y proposent un récapitulatif des compétences qui devraient, selon eux, constituer le bagage de tout professionnel du logiciel : langages de programmation, outils de gestion de tests pour construire des programmes de grande envergure fiables, et méthodologies de preuves formelles (source).

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2. Développement agile à grande échelle : développement de produits importants et multisites avec le Large-Scale Scrum

Les consultants Craig Larman et Bas Vodde ont utilisé cet article, écrit en 2013, pour résumer le contenu de leur série de deux volumes sur le développement agile à très grande échelle. Ils y expliquent comment ils ont accompagné des clients dans l’introduction de deux cadres Scrum à grande échelle auprès de grands groupes mondiaux. Parmi les entreprises avec lesquelles ils ont travaillé figurent la Bank of America et Erickson, le fournisseur d’infrastructures de télécommunications.

Larman et Vodde rapportent que leurs expériences les ont conduits à publier deux volumes. Le Volume 1 est Thinking and Organizational Tools for Large-Scale Scrum. Il se concentre sur le leadership et la conception organisationnelle. Le deuxième volume est Practices for Scaling Lean & Agile Development: Large, Multisite & Offshore Product Development with Large-Scale Scrum. Il propose des suggestions pratiques pour la mise à l’échelle dans divers contextes.

3. Utilisation du développement incrémental et itératif

L’auteur de cet article de 2008, le Dr Alistair Cockburn (décrit par CrossTalk comme un expert en conception orientée objet (OO), méthodologies de développement logiciel, cas d’utilisation et gestion de projet) met l’accent sur le développement incrémental et itératif dans le domaine du logiciel.

Le Dr Cockburn identifie les défis rencontrés par les équipes face au développement incrémental et itératif : essayer de les gérer de la même manière ou penser que si l’on utilise l’un, l’autre doit être écarté. Il termine en résumant ses idées : « Le mot incrémenter signifie ajouter ; le mot itérer signifie refaire » (Source). 

4. SmartCam3D offre de nouveaux niveaux de conscience situationnelle

Dans cet article de 2005, Janis White (consultante en statistiques), Frank Delgado (travaillant pour la NASA) et Mike Abernathy (spécialiste logiciel) présentent SmartCam3D (SC3D). Il s’agit d’un « système de vision synthétique hybride qui combine les informations de capteur en temps réel avec celles d’un système de vision synthétique afin de créer une fenêtre virtuelle dans le cockpit ».

Les auteurs introduisent le système de vision synthétique hybride (HSVS). Il s’agit, selon eux, d’un système combinant « les données des capteurs en temps réel avec celles d’un système de vision synthétique (SVS) pour générer des visuels riches en informations et en temps réel. » Ils concluent en indiquant que le SC3D était le premier système HSVS en temps réel, suggérant que « ce logiciel sauvera des vies » (Source).

5. Le CMMI favorise l'amélioration des processus à l’échelle de l’entreprise

Le lieutenant-colonel Joe Jarzombek, alors directeur chez Earth Science Information Partners (ESIP), une communauté oeuvrant à rendre les données scientifiques plus accessibles, a utilisé cet article pour introduire l’idée des modèles de maturité des capacités (CMMs). Ces modèles portent sur les procédures et compétences organisationnelles, transversales aux disciplines.

Jarzombek explique le concept des équipes CCMI, décrites comme un « effort collectif visant à intégrer les CMMs ». De telles unités, soutient-il, créeraient un ensemble de produits intégrés soutenant l’amélioration des processus et des produits dans le domaine du développement logiciel (Source).  

6. Pourquoi les grands projets logiciels échouent : les 12 questions clés

Dans cet article de 2005 rédigé par Watts S. Humphrey de l’Institute d’Ingénierie Logicielle (SEISM) de l’Université Carnegie Mellon, l’accent est mis sur les 12 questions cruciales expliquant l’échec des grands projets logiciels.

Pour Humphrey, les réponses aux questions qu’il soulève dans l’article aideront les développeurs de logiciels à améliorer leurs projets. Selon lui, les principales difficultés sont liées aux raisons expliquant la gestion complexe des grands projets logiciels, au type de systèmes de gestion requis et à ce qu’il faut mettre en place lors de l’implémentation de ces systèmes (Source). 

7. Démystifier l’informatique en nuage

En revenant sur les évolutions qui avaient lieu en 2011 dans le développement logiciel, Qusay F. Hassan, de la Faculté d’informatique de l’Université de Mansoura en Égypte, se penche sur le cloud computing.

Dans cet article, il s’attache à traiter l’idée selon laquelle le terme « cloud computing » est souvent utilisé de façon abusive pour désigner des choses qui ne relèvent pas forcément de sa définition et de sa portée réelles. S’agit-il uniquement d’hébergement web ? demande-t-il. Il poursuit en définissant plusieurs concepts tels que l’hébergement web, les fournisseurs d’applications (ASP), le calcul volontaire et le partage de fichiers en ligne, entre autres (Source).    

8. Exactitude par Conception : Manifeste pour des Logiciels à Haute Intégrité

« Les logiciels à haute intégrité sont souvent si volumineux que les processus de développement traditionnels ne sont pas capables d’atteindre des taux de défauts acceptables », affirment Martin Croxford et le Dr Roderick Chapman au début de cet article. Lorsque ces deux auteurs ont écrit ce texte, ils travaillaient pour Praxis High Integrity Systems, une société britannique d’ingénierie de systèmes spécialisée dans les systèmes critiques (Source).

Dans cet article de 2005, les auteurs promettent de présenter une approche qui a permis de réaliser « des logiciels avec des taux de défaut très faibles et ce, de façon économique ». La méthode qu’ils décrivent est l’Exactitude par Conception (CbyC — Correctness by Construction). Il s’agit d’une démarche de développement logiciel qui s’adapte aisément au changement tout au long de la vie du produit et qui affiche des taux de défauts inférieurs à ceux pratiqués dans le commerce à l’époque (Source).  

9. Défauts de conception des interfaces utilisateurs de navigateurs : exploiter l’ignorance des utilisateurs

Cet article a été rédigé par Aditya Sood, alors doctorant à la Michigan State University, et Richard Enbody, professeur associé au département d’informatique et d’ingénierie informatique de la même université, en 2011. Dans le résumé de l’article, les auteurs soulignent que « les défauts de conception des navigateurs sont des menaces majeures pour la sécurité, la vie privée et l’intégrité des utilisateurs ».

L’article se concentre sur les défauts de conception dans l’interface graphique utilisateur (GUI)

des composants des navigateurs. Les auteurs suggèrent que ce sont précisément ces failles que les escrocs exploitent lorsqu’ils piègent les utilisateurs pour compromettre leur sécurité (Source).

10. Problèmes gériatriques du vieillissement logiciel

Capers Jones, alors impliqué dans la recherche sur la productivité logicielle, s’intéresse aux problématiques liées au vieillissement des logiciels dans le secteur professionnel et public. Dans cette publication de 2007, Jones indique qu’il n’était pas surprenant à l’époque de voir certaines organisations utiliser des logiciels de plus de 10 ans, avec des applications pouvant atteindre 25 ans d’âge.

Jones traite aussi des conséquences du vieillissement de ces logiciels, remarquant qu’il devient difficile de les maintenir car les mises à jour détruisent souvent la structure initiale des applications. Cela accroît l’entropie (perte de prévisibilité et d’ordre). Il précise qu’au fur et à mesure du vieillissement d’un logiciel, un problème appelé fix injection entraîne « l’introduction accidentelle de nouveaux défauts lors de la correction des défauts existants » (Source).

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